La Révolution Corse au Bataclan de Paris
Terza, le groupe qui opère au sein de la Maison de la Corse de Paris prépare depuis deux ans un spectacle intitulé : ‘’La Révolution Corse’’ (www.revolutioncorse.com - www.maisondelacorse.org). La troupe de ‘’la Révolution Corse’’, a présenté au Bataclan, en avant-première un extrait de son spectacle (quinze minutes) qui sera présenté du 13 au 15 décembre 2007 au Palais des Sports de Levallois. On retrouve dans la Révolution Corse la précision du cinéma, la finesse du théâtre et la dimension de l’opéra, mais au-delà des faits d’armes, ce spectacle intense, relevé de cascades, d’effets spéciaux, de sons et de lumières, nous replongent aussi dans la vie quotidienne du père de la Constitution Corse : ‘’La révolution sonne, la révolution gronde, la République a péché, le peuple se révolte, des hommes ont pris les armes. Le 14 juillet 1755, Pasquale Paoli est élu général en chef de la Nation. Il rédige une constitution, crée l’université, la monnaie, l’imprimerie, la marine, développe le commerce. Rousseau, écrit alors : ‘’Il est encore un pays capable de législation, c'est l'île de Corse. J'ai quelque pressentiment qu'un jour, cette petite île étonnera l'Europe’’. Le ton est donné par la voix off de Patrice Bernardini. Alors que le public s’apprête à voir rentrer sur scène des armées de barbares, arrive Ariakina (costume de Patricia Ettori), une petite fille de 5 ans frêle mais déterminée, toute de blanc vêtue qui interprète la Démocratie. Subtil paradoxe, la fillette joue, danse, mime et ne tarde pas à conquérir le public qui applaudit allègrement sur la musique de ‘’Grossu Minutu’’. La nuit se fait, un coup de tonnerre retentit. La démocratie est assise tremblante au milieu de la scène. Et la voix off présente une allégorie de la bataille de Ponte-Novu qui se conclut ainsi : ‘’Pourtant, le 9 Mai 1769, sur ce pont qui traverse le Golo on assassine la démocratie.’’ L’armée de Louis XV, incarnée par Stéphane Verdier et ses danseuses, ombres menaçantes, habillées entièrement de noir et parées d’un masque blanc, entrent lentement sur scène lors du premier thème musical : Ponte Novu. La musique s’accélère et les danseurs interprètent un combat, un combat inégal, un combat à mort. La jeune enfant se défend avec courage mais se trouve, à un moment haletante, acculée par les adultes. La Démocratie se retourne alors, très lentement, tourne le dos à ses agresseurs, brandit le drapeau à tête de maure et s’agenouille, offerte en martyr. Trois coups de feu éclatent. La fillette s’écroule, le public est en émoi et applaudit sans discontinuer. Une des danseuses recouvre la petite fille du drapeau corse. La Démocratie est emportée par les danseurs. A ce moment-là, Pasquale Paoli, sous les traits de Magà Barbarossa fait irruption sur scène et arrache la Démocratie qu’il porte au milieu de la scène. La voix off poursuit : Voltaire écrit sur cette bataille : "L'arme principale des Corses était leur courage… ce courage fut si grand que dans un de ces combats, vers une rivière nommée Golo, ils se firent un rempart de leurs morts pour avoir le temps de recharger derrière eux avant de faire une retraite nécessaire ; … leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour affermir le rempart. On trouve partout de la valeur, mais on ne voit de telles actions que chez les peuples libres."Alors que Paoli porte toujours la Démocratie à bout de bras, ‘’la Corse’’ interprétée par Claire Smith entre sur scène et salue respectueusement la Démocratie. Elle se saisit de la bandera (drapeau à tête de maure) et la brandit à son tour comme la Démocratie, avant de la placer sur ses épaules. Pasquale et la Démocratie sortent au moment ou entrent en scène deux sinistres personnages armés d’épées. Un des malfaisants agresse la Corse qui ne tarde pas à répliquer épée à la main. Il faut dire que Claire Smith (la Corse) trois fois championne de France et championne du monde d’épée artistique était à son affaire. Face à elle, deux épéistes de très haut niveau : le maître d’arme Michel Olivier (8 fois champion de France, trois fois champion du Monde), et Julien Pinard (4 fois champion de France, deux fois champion du Monde). L'escrime artistique très présente au cinéma (films de cape et d'épée, péplums, films historiques, ...), au théâtre et dans la littérature, est une discipline réclamant coordination, maîtrise de soi, condition physique, et sens du spectacle. Ce passage a également été très appréciée du public du Bataclan par son côté spectaculaire, l'aspect impressionnant de ses armes, la beauté de ses gestes, la richesse de ses costumes, et le panache de ses enchaînements. Bien entendu Pasquale Paoli est intervenu au moment opportun pour sauver la Corse d’un traître qui l’attaquait dans le dos alors qu’elle venait de désarmer un assaillant. Le traître et Paoli enchaînent un combat endiablé qui se soldera par une victoire du héros de la révolution corse. Pour finir sur une note moins tumultueuse ce sont trois présences féminines qui clôturerons ce spectacle avec Paoli. La première étant celle d’Ondalinai, qui du haut de ses onze ans, et en robe grande époque apporte une touche de douceur et de mysticisme, en incarnant la Corse (Cursichella) sous une autre forme. Celle-ci interpellée par Pasquale Paoli en langue corse, lui répond de même, annonçant le décès de Pasquale Paoli. Son de cloches. Cursichella traverse la scène de part en part en frappant le sol d’un bâton de maître de cérémonie, désarme symboliquement Paoli et poursuit sa route alors que ce dernier l’interpelle à nouveau : ‘’PASQUALE : O zitedda aspeta, aspetta ! Chi ghjornu semu ? - CORSICA : Nous sommes le lundi 5 février 2007 et nous célébrons le bicentenaire de ton passage à l’Orient éternel.’’ Ainsi commence un dialogue onirique et surréaliste entre la Corse et Pasquale Paoli, tous deux drapés dans une cape noire et masqués de noir également. Un grand spectacle, prévu du 13 au 15 décembre 2007 à Levallois avec des dizaines de chanteurs, danseurs, comédiens, escrimeurs. Le choix du lieu ne fut pas une mince affaire. Sans trop dévoiler les ficelles du spectacle, on peut dire que le fil rouge du bicentenaire est ‘’le forum et la libre circulation de la parole’’ et que le spectacle ira dans ce sens. Le complexe sportif de Levallois accueille régulièrement toutes les plus grandes compétitions nationales (dans cette ville où on ne compte plus les champions sportifs : escrime, judo, basket, boxe, …), où l’on organise tous les grands championnats du monde de boxe. Le chant a une place importante dans ce travail. L’oralité est essentielle dans l’expression corse. Nous avons créé une formation, Terza, dont la configuration permet d’accueillir des artistes réputés et d’autres moins connus, corses pour la plupart mais également certains amis de la Corse qui travaillent dans notre sens. Nous en profiterons pour mettre à l’honneur certains Monuments de la chanson corse, et essayerons de faire connaître de jeunes talents. Les textes de la pièce sont en français, mais les chants sont bien entendu en langue corse. Un album est en préparation qui retrace en 14 titres la vie de Paoli, les chansons de ‘’Ponte Novu’’ à ‘’Nana di u rè’’ en passant par ‘L’esiliati di u Rustinu’’ seront entendus dans l’album, dans les films et dans les spectacles. La plupart des compositions sont de Patrice Bernardini mais également d’Alte Voce et de Voce Isulane. Voce Isulane, la formation corso-parisienne s’est immédiatement révélée être le partenaire artistique idéal. Présents dans toutes les manifestations organisées dans le cadre du bicentenaire, Voce Isulane a composé trois titres. Jean Mattei a également composé un titre, chanté par son groupe Alte Voce. D’autres interprètes aussi talentueux que Jacky Micaelli ou Antoine Ciosi prêterons également leur voix à l’album dont la sortie est prévue pour juillet en avant-première en Corse, et pour octobre au niveau national. La journée du 27 a été placée sous le triple signe du chant, du théâtre et du cinéma puisqu’une captation a été organisée par Dumè Maestratti (pionnier du cinéma en Corse), plusieurs scènes ont été tournées sous la direction du cinéaste corse, qui serons insérées dans un film (qui traite des apparences en général et de l’image de la Corse en particulier). Ce film sera présenté le 6 octobre en avant- première des journées du Sénat organisées par la Maison de la Corse. Dumè Maestratti a donc dirigé avec brio son équipe de comédiens. L’histoire révèle un couple de parisiens (Dominique Regnier, Philippe Ambrosini) qui découvre la Corse grâce à un spectacle au Bataclan auquel participent leurs filles (Ondalina et Ariakina), sur la vie de Pasquale Paoli. Ce spectacle leur donne envie de découvrir la Corse, la vraie, l’AUTHENTIQUE ! Mais le destin, rieur, a d’autres intentions, qui confie à l’humour grinçant d’un descendant de Paoli (Jean-François Remi), le séjour du couple de touristes et de leurs enfants. La journée du 27 janvier 2007 annonce avec brio le bicentenaire de la mort de Pasquale Paoli qui sera fêté par la diaspora d’Ile-de-France, le 5 février 2007 dans les salons d Honneur de la Ville de Levallois (entrée gratuite), renseignements : www.revolutioncorse.com www.maisondelacorse.org ou sur le mail : contact@maisondelacorse.org. |