Accueil  |  Histoire du groupe  |  Discographie  |  Canta et la Culture Corse  |  Livre d'Or
Sempre in leia cù Canta :
à u 06 25 03 61 97



Canta prépare un nouvel album
de 14 titres dont 6
ont déjà été enregistrés.
Canta in Liò per U Beach Soccer
Ecole de chant Natale Luciani
Le DVD de Canta est disponible
discographie

 

 

ERI OGHJE DUMANE

Le début de l'aventure... Un florilège de pièces tirées du répertoire traditionnel, des créations... Moments uniques, transcriptions de la mémoire ancestrale, thèmes tirés de la vie de tous les jours... De "Sonniu è speranza" à "Dio vi salvi Regina", autant de titres phares et de moments de passion...

LE DOUBLE ALBUM DE LA TRADITION

Le magnifique double album initial de Canta, de par sa richesse, sa qualité s'avère une référence qui, aujourd'hui encore, n'a pas pris la moindre ride. Aboutissement d'un bel effort de collectage prospecteur, il constitue une mini-anthologie de la tradition musicale corse. Seules deux créations y figurent, elles mêmes largement imprégnées d'esprit traditionnel "Corsica nostra", polyphonie novatrice et la "Lettera di u mulatteru à u Corsu" qui préfigurent le "son Canta" : base vocale traditionnelle, monodies polyphonisées alliées à l'arpège et aux rythmiques instrumentales (la guitare constituant le support privilégié). Canta l'affirme sur la pochette : l'exhaustivité n'eut pas été possible. Ce florilège donne néanmoins un aperçu quasi complet des diverses formes de la culture musicale populaire corse.

1) LE VOCAL

A) Les monodies
Toutes de vigueur et de force pudique, on découvre la majestueuse "ALCUDINA" de Francescu Bianconi de Zicavu sur un versu archétypal de la tradition. La nanna et le voceru interprétés par Ghjasippina Paoli rappellent la place centrale occupée par la femme au sein de la société rurale corse, au travers de deux fonctions essentielles: la gestion de la vie et de mort. Le terroir zicavese nous délivre une autre perle: l'édifiant "lamentu d'Antuninu l'Ulmisgianu" chanté par un Michele Paoli à la voix inimitable. "I Corsi Impinzutiti" synthétise deux formes proches: le " chjama è rispondi" et le "currente" ; s'y marient admirablement les voix et le jeu instrumental du violon.

B) Les polyphonies
Le village de Tagliu en fournit le premier volet. La merveilleuse harmonie des voix se bâtit autour de la cohésion familiale. Le regretté Ghjuliu Bernardini avec un art consommé chante accompagné de ses deux fils de 13 et 15 ans : Alain et Jean-François. Pippo de Mari (t1993) renforçant la partie basse. L'ensemble est représentatif de cette rudesse remarquable, cette manière archaïsante et nasalisante de placer les voix (11), ces longues tenues d'accords propres à l'esprit taglincu ("Paghjella di Tagliu"). Dans le précieux madrigale "Ecco bella" s'exprime l'influence d'une Italie si proche de ce village perché sur la Tyrrhénienne. Il y a là un langage musical en "crusca" structure, thème et paroles renvoient à l'aire italique, technique et enveloppe polyphonique au savoir traditionnel corse. Diverse est l'expression rusinca où s'allient les très belles voix de Filippu Rocchi, Stefanu Moretti à la segonda limpide et maîtrisée, et Petru Guelfucci qui a, pour l'occasion franchi "a Bocca à a Prova "qui sépare Rusiu de Sermanu, les deux communautés sœurs. S'exprime dans les "terzetti rusinchi" une autre polyphonie, d'avantage basée sur la virtuosité fleurie, l'art suprême de la "rivuccata" et le travail de la voix plus tendue, plus mélodique.

2) L'INSTRUMENTAL

Les pièces instrumentales doivent avant tout au génie naturel et inné de deux des frères Guelfucci. Le premier n'est pas le plus connu Marcellu est un autodidacte acharné (au sens étymologique du terme) ; il s'est épluché les doigts plus d'une fois en reproduisant les gestes des derniers vieux sonneurs de guimbarde. Il nous offre ici une délicieuse mazurka. Le second a gagné en notoriété ; Filice Antone est le père de Petru, il produira plus tard un disque "solo" de violon. Dernier dépositaire de la tradition des violoneux de Sermanu, il était le plus jeune (et peut être le plus talentueux) pilier du "carré magique" qu'il formait avec Federiccu Mariani, Tatteu Giacometti et Francescu Turchini et qui fit les beaux jours de "A Mannella". Sa virtuosité s'y exprime avec une finesse de toucher remarquable, elle est relevée par un accompagnement sobre de guitare (Poletti) et des contre-chants heureux et harmonieux de Minicale au violon: un régal.

Ghjiseppu Turchini